Le Mythe du Pattern White

(dans les mariages qui ne sont pas merle x merle)

par Darcy B. Gardiner, TEEWINOT
Rédigé en 1993
Cet article a paru dans un ancien Aussie Times

(reproduit avec l’autorisation de l’auteur)

Le Berger Australien Pattern White est nettement différent de l’Aussie Blanc Double Merle. Bien que beaucoup ont confondu les deux à cause de la couleur du corps à prédominance blanche ou des taches blanches sur le corps, dans la réalité la couleur de leurs robes est héritée à travers de gènes entièrement différent.

Laissez-moi vous expliquer. La théorie génétique nous dit que chaque cellule est composée de deux chromosomes, l’un contribué de chaque parent. Chaque chromosome est composé de gènes, qui sont les unités de base de l’héritage. Les gènes sont disposés dans un ordre linéaire sur les chromosomes. Sur ces chromosomes sont des endroits spécifiques appelés loci (singulier : le locus) où les gènes, ou plus précisément des paires de gènes, sont situés. Les différentes formes d’un gène qui peuvent être situés sur le même site (locus) sont appelées allèles. Chez les chiens, dix loci ont été identifiés qui contribuent à la couleur de la robe : A, B, C, D, E, G, M, P, S et T. Certains de ces loci peuvent contenir plusieurs allèles (appelées allèles multiples), certains seulement deux. Les différents allèles qui forment des paires de gènes sur les chromosomes sont le patrimoine génétique de l’individu. C’est ce qu’on appelle le génotype. En revanche, la manière dont nous voyons réellement ces allèles exprimés dans l’individu (c.-à-d. couleur de la robe, la couleur des yeux) s’appelle le phénotype.

Chez les chiens, le locus « B » est le déterminant majeur de la couleur du corps. L’allèle (B) est dominant et produit la couleur de corps noir. L’allèle (b) est récessif et produit une couleur rouge ou foie. Ce sont les deux couleurs de corps reconnus par notre standard de race. Toutefois, les Aussies ont été bénis avec une variation de couleur de la robe inhabituelle des deux couleurs de corps ci-dessus appelé le merle. Ce motif merle se trouve également dans de nombreuses races de chien de berger comme les Colleys, les Shetlands et le Border Collie.

Le locus « M » est le site des allèles merles, qui produisent la couleur de robe en motif merle. Ce locus contient deux allèles : l’allèle (M) est dominant et produit le motif merle et l’allèle (m) est récessif et produit une pigmentation uniforme, ou couleur de corps majoritairement solide (noir ou rouge). Des merles en bonne santé (un terme mal approprié) sont génétiquement Mm – ce qui signifie hétérozygote. En appliquant la théorie génétique, quand on met deux merles ensemble, Mm x Mm, les résultats seront statistiquement de produire 25 % de chiens solides (mm, homozygote), 50 % de chiens merles sains (Mm, hétérozygote) et 2 5% double merle (MM, homozygote). C’est cette double combinaison dominante qui peut aussi porter ce que certains ont appelé des gènes « blancs létal » (bien que ce terme soit incorrect), provoquant la surdité, la cécité et certains disent même des problèmes cardiaques. Typiquement, les chiots double merle peuvent avoir un excès de blanc sur le corps, peu ou pas de couleur autour des yeux et des oreilles et peuvent être sourd ou aveugle. La propension à la surdité et la cécité est génétiquement liée à la couleur du pelage, cependant la surdité et la cécité peuvent – ou non – se produire. Quelques doubles merles vivent en parfaite santé, certains avec plus de couleur sur le corps que d’autres. En fait, certains éleveurs aiment garder des doubles merles dans leurs lignées, car ils produiront que des chiots merles, qu’ils soient mariés avec des solides ou des merles.

Par conséquent, le Pattern White n’est pas un Double Merle en aucune façon. Comme un ou deux de ses parents sont solides, le Pattern White est génotypiquement (la composition génétique du chien), soit BB, Bb ou bb ayant soit majoritairement du noir (BB ou Bb) ou du rouge/foie (bb) sur le corps. Au locus « M », cet individu serait Mm ou mm. Ce chien peut avoir des taches de feux ou « points feux » (contribué du locus « A ») ou une distribution variable de marquages blancs. C’est le locus « S » qui effectue la distribution de coloration blanche sur la surface du corps. Contrairement au locus « M », le locus « S » a quatre allèles: S, Si, Sp et Sw. Ces allèles ont un effet sur la couleur du corps de la manière suivante: (S) – corps complètement pigmenté (solide), (Si) – généralement appelé l’Irish Spotting avec des motifs blancs dans des endroits spécifiques (par exemple, le collier, la liste blanche, les chaussettes blanches), (Sp) – le Pattern White, ou Pinto, avec du blanc sur le corps et un motif de selle en couleur solide, généralement vu dans les beagles et (Sw) – extrême blanc ou albinisme. Ces allèles peuvent aussi avoir des modificateurs positifs et négatifs qui peuvent augmenter ou diminuer l’effet de l’allèle. Les modificateurs négatifs produisent plus de blanc et les modificateurs positifs réduisent le blanc.

Le Pattern White (appelé aussi Pinto) est un produit de l’influence des allèles « S » et non le gène Merle (M). Bien que ce chien soit un chien génotypiquement solide, c’est les allèles « S » qui déterminent la quantité de blanc répartis sur la surface du corps. Comme la génétique des Aussies est encore souvent mal compris, on peut s’intéresser à la génétique de son voisin proche, le Colley, car c’est très instructif. Le Colley a le même dispositif d’allèles que l’Aussie. Basé sur la génétique du Colley, il est difficile de savoir si le Pattern White est vraiment un Irish Spotting (SiSi) ou un Pinto (SpSp) ou les deux (SiSp), ou, comme Little (Clarence Little, The Inheritance of Coat Color in Dogs, Howell Books, 1957) offre, il peut aussi y avoir une dominance incomplète de Si sur Sw. Comme les modificateurs positifs et négatifs peuvent agir sur tous les allèles « S », cela rend l’identification précise très difficile sans test ADN spécifique ou mariage test. Néanmoins, la littérature existante suggère que ce que nous appelions dans notre race le Pattern White est produit par l’allèle « Sp » parce que l’allèle pour l’Irish Spotting « Si » est plus spécifique à certains régions du corps et « Sw » est plus proche de l’extrême albinisme.

Mon Freya (Freya Delamere) était un excellent exemple d’un Aussie Pattern White. Le père de Freya était un rouge bicolore et sa mère était un noir tricolore. Génotypiquement elle était noir tricolore (BB ou Bb), cependant l’influence de ses allèles « S » ont contribué à un marquage excessif de blanc, lui donnant l’apparence d’une couleur de corps blanche. Freya avait également une tendance au ticking dans sa robe (influencé par le locus « T »). C’est ce type de phénotype (à quoi elle ressemblait), un blanc excessif avec ticking, qui est souvent confondu avec le Double Merle par ceux qui ne comprennent pas la génétique de la robe. Cependant, le ticking ne peut pas être du merle comme nous savons définitivement que ses parents étaient merles : elle était (mm) au locus « M ». Freya est venu de très vieilles lignées en Californie/Oregon qui produisaient souvent des Patterns Whites. En discutant avec de vieux éleveurs informés de cette région, on découvre que les allèles « S » qui ont produit ce motif de couleur sont de simples récessifs. En d’autres termes, seulement quand deux chiens portant cet allèle « S » été marié ensemble pourrait-il y avoir des chiots patterns whites. Ce que nous savons des lignées de Freya suggère la même chose.

Avec un peu de chance, le lecteur peut maintenant comprendre que l’Aussie Pattern White n’est pas le même que le Double Merle ou le Double Merle qui porte des gènes « blancs létal ». En fait, génétiquement parlant, il n’existe pas de telle chose comme un « blanc létal ». Ils ne sont pas non plus des « blancs défectueux », également une fausse appellation. C’est une histoire très triste dans notre race que ces deux types ont été confondus. Par ignorance, le Pattern White a été décriée et totalement incompris. Il n’y a rien de malsain sur ce type de chien, même s’il n’est pas accepté dans notre standard de race. Comme de nombreux éleveurs n’ont pas compris la différence entre les deux (pattern white et double merle) la majorité de ces chiens ont été inutilement détruite à la naissance. En fait, par ignorance, beaucoup de vieux éleveurs ont délibérément choisis de garder seulement des chiens solides ou merle-self, sans marquages blancs du tout, de peur et d’incompréhension du soi-disant gène merle « blanc létal ». Malheureusement, beaucoup de chiots ont été détruits tout simplement à cause d’un poil blanc !

Heureusement, le Dr Weldon Heard, fondateur de la lignée Flintridge, a fait beaucoup pour exploser les mythes qui entourent le motif Irish Spotting contre le Double Merle « blanc létal » au cours des années 1960. En tant que vétérinaire et éleveur de bétail, sa connaissance de la théorie génétique lui a conduit à soupçonner, correctement, que le motif Irish Spotting était responsable du marquage blanc que nous observons habituellement chez les Aussies aujourd’hui (colliers blancs, des chaussettes et des listes) et que c’était complètement indépendant aux gènes doubles merles. Dr Heard a identifié que le blanc si typique des Colleys était hérité de façon cohérente et était spécifique à certaines régions du corps (cou, visage et ventre). Il a ensuite utilisé des mariages consanguins pour fixer le blanc dans notre race.

Néanmoins, lorsque notre standard de race a été rédigé et adopté, de nombreux éleveurs d’Aussies ne comprenaient pas complètement la génétique de cette race. Comme il y avait beaucoup de confusion entre le Double Merle et le Pattern White, notre standard a été écrit afin de disqualifier les deux – tous les individus avec excès de blanc. Comme la plupart des Patterns White sont absolument sains, ce fut vraiment dommage et un mauvais service pour les animaux en parfaite santé. Le Club Colley a parcouru un long chemin dans leur compréhension de la génétique de couleur de robe et reconnaît maintenant le Pattern White en tant que représentant à part entière de leur race. De même, j’espère qu’un jour notre race repensera sa position sur les Patterns White de sorte que les chiots sains ne vont pas continuer à être inutilement détruite à la naissance. Si cet article peut répandre de la lumière sur le mythe entourant les Patterns White, alors peut-être que j’aurai contribué un pas de plus vers une meilleure compréhension de ce qu’ils sont et pourquoi ils se produisent. Les Patterns White sont tout simplement un fait de notre race et toutes les races de type Colley. Tout comme les autres couleurs, par exemple les sables. Ce que nous voyons dans les autres standards de race sont vraiment des déclarations de préférence ; quelles couleurs que nous aimons et d’autres que nous n’aimons pas. La plupart de nos standards de race sont fondées sur la désinformation et l’incompréhension de la génétique de couleur de robe au moment où ils ont été écrits. Maintenant que la science de la génétique est devenue plus définitive il n’y a absolument aucune raison de craindre le Pattern White ou le détruire, car « défectueux ». Il est tout simplement un solide (génotypiquement) dans un costume trop blanc (phénotypiquement). Les pourcentages montrent qu’il est statistiquement improbable de tomber raide mort ou d’être sourd ou aveugle. La plupart des Patterns White sont des chiots en parfaite santé qui méritent l’amour et la qualité de vie que nous espérons pour nos autres Aussies pleinement reconnue. Ils sont simplement les bénédictions d’une couleur différente – une couleur qui est de toute façon une partie de notre race.

Lectures suggérées :

Genetics of the Australian Shepherd, Lucia D. Kline, DVM in All About Aussies, Jeanne Joy Hartnagle, Alpine Publications, 1985.
Australian Shepherd Manual, C.B. Publishing Co., 1981. Articles by Terry Martin and Wanda Robertson (available through ASCA)
Australian Shepherd Quarterly, Hoflin Publishing, Spring 1988 Issue. Interview with Phil Wildhagen, ASCA Historian.
The Australian Shepherd Club of America Yearbook, 1957-1977, published by ASCA, 1978.
The Inheritance of Coat Color in Dogs, Clarence C. Little, Sc.D., Howell Books, 1957

www.redwood-ranch.com

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